L’inscription ou le classement au titre des monuments historiques permet aux patrimoines bâtis et/ou mobiliers de bénéficier d’une protection particulière garantie par l’État. L’année 2025 et ce début d’année 2026 ont agrandi la liste dijonnaise de deux inscriptions et de deux classements.
Qu’est-ce que la protection au titre des monuments historiques ?
Existant depuis 1837, le statut juridique « monument historique » a pour objectif de protéger un immeuble ou un objet mobilier pour son intérêt historique, architectural, artistique, technique ou scientifique. Cette protection patrimoniale est basée sur deux niveaux : l’inscription et le classement, ce dernier étant le plus élevé. Les dossiers de demande de protection doivent être soumis à la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).
- Les demandes d’inscription sont examinées par la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture (CRPA), qui émet un avis quant à la protection. C’est au Préfet que revient la décision finale.
- Pour les demandes de classement, celles-ci sont examinées par la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), qui émet un avis quant à la protection. C’est au ministre de la Culture que revient la décision finale.
Pour en savoir plus sur le sujet !
Le saviez-vous ?

Le logo des monuments historiques s’inspire du labyrinthe qui existait au cœur de la cathédrale de Reims. Il est dépourvu de ses personnages et a reçu une rotation de 45°.
Ce dessin était fréquemment utilisé sur le dallage des nefs des églises et cathédrales au Moyen Âge. La symbolique semble être un pèlerinage symbolique que les fidèles exerçaient à genoux, en guise de substitution à un pèlerinage en Terre sainte.
Les nouvelles protections d’immeubles :

L’arrêté du 11 mai 2025 a classé au titre des monuments historiques la totalité de l’église du Sacré-Cœur, place Général-Giraud. Achevée en 1952, elle se caractérise par sa coupole et ses importants décors intérieurs à base de mosaïques.
Le 30 mars 2026, c’est au tour de l’hôtel Esmonin-de-Dampierre du 18e siècle, 40 rue de la Préfecture et 11 rue du Champ de Mars, de rejoindre la liste des inscriptions au titre des monuments historiques. L’inscription concerne les façades et toitures de l’hôtel, y compris des communs ainsi que le mur renard, la cour intérieure, les pièces de réception du rez-de-chaussée et du 1er étage y compris le vestibule et l’escalier d’honneur, le palier et le dégagement au 1er étage, ainsi que le porche sur la rue de la Préfecture.

Les nouvelles protections d’objets mobiliers :

Le chemin de croix, conservé dans l’église Sainte-Chantal, a été classé au titre des monuments historiques en août 2025. Composé de quatorze stations en toile peinte, ce chemin de croix a été l’une des premières réalisations importantes de Maurice Denis, dans le cadre des Ateliers d’art sacré en 1919. À l’origine, il s’agissait d’un chemin de croix commémoratif de la Première Guerre mondiale pour les paroissiens morts aux combats.
Enfin, en mars dernier, c’est la statue du sculpteur dijonnais Georges Diebolt, le Grenadier, datant de 1856, qui a été inscrite. Cette imposante statue de 7,60 m de haut pour 65 tonnes ornait le pont de l’Alma, à Paris. Elle représente un soldat blessé durant la bataille de l’Alma en 1854. Les traits du soldat reprennent ceux de Michel Lerasle, un grenadier de l’armée française. Offerte à la ville de Dijon dans les années 1970, elle a pris place au bord du lac Kir.
