Des Gaulois inhumés assis… les fouilles se poursuivent

Il y a un peu plus d’un an, une fouille menée dans la cour du groupe scolaire Joséphine Baker livrait une découverte majeure : 13 sépultures de Gaulois inhumés assis. Depuis le début du mois de mars, la deuxième tranche de cette fouille archéologique préventive livre de nouvelles surprises !

Sur les traces d’un site complexe ?

Des fosses circulaires d’environ 1 m de diamètre, régulièrement espacées les unes par rapport aux autres, formant une bande rectiligne de 25 m de longueur orientée sud-nord, accueillent des sépultures. Les défunts sont des sujets adultes, tous de sexe masculin, déposés selon une modalité identique, assis sur le fond de la fosse, le dos en appui contre la paroi orientale, le regard vers l’ouest. Leurs bras reposent le long du buste, les mains posées à proximité du bassin ou des fémurs. Leurs jambes sont très fléchies, souvent de façon asymétrique. Pour quelques-uns, des traces de blessures ont été observées notamment au niveau de la tête et des bras. À l’exception d’un seul brassard en roche noire (daté entre 300 et 200 av. J.-C.), aucun mobilier personnel ou de parure n’est associé aux dépouilles.

Une nouvelle phase de fouille, en mars 2026, enrichit encore ce corpus de plusieurs individus même si l’emplacement de leurs fosses ne respecte pas l’alignement précédent.

Fouille en cours de deux des treize sépultures d’individus assis
Fouille en cours de deux des treize sépultures d’individus assis © Christophe Fouquin, Inrap.

La première phase de fouille

Retrouvez notre article lié à la première phase de ces fouilles, menée en 2025

Dès les années 1990, la fouille, proche, du quartier Sainte-Anne, avait livré deux sépultures de ce type. Au cours de cette même opération, une aire d’ensevelissement d’animaux avait également été mise au jour. Celle-ci est constituée par le dépôt de vingt-huit chiens, cinq moutons et deux truies. Le traitement de ces animaux montre une sélection des chiens et des moutons, ces derniers étant exclusivement de jeunes mâles. Ce dépôt d’animaux semble être daté de la fin de la période gauloise, bien que les ossements n’aient pas fait l’objet d’une datation radiocarbone. Cette découverte semble répondre à des pratiques sacrificielles dont les traces ont déjà été rencontrées à plusieurs endroits notamment dans le sanctuaire celtique de Vertault (Côte-d’Or).

Vue aérienne de la fouille en cours. À gauche se dessine un alignement de trois fosses circulaires. Les rectangles alignés sont les traces de fosses de plantation.
© Jérome Berthet – Inrap

Quelques pistes d’interprétation

Cette découverte de la rue Turgot est particulièrement remarquable par le nombre d’inhumations mises au jour et le bon état de conservation des squelettes. À l’issue de la fouille, il est trop tôt pour tirer des conclusions sur l’occupation funéraire de la rue Turgot. Mais les caractéristiques communes à l’ensemble des tombes et l’uniformité des gestes funéraires évoquent des occupations similaires qui couvrent la totalité de la période de La Tène (environ entre 450 et 25 avant notre ère). Une douzaine de sites archéologiques seulement livrent une cinquantaine de défunts « assis » dont les fosses sont placées à proximité d’habitats aristocratiques, voire de sanctuaires ou de lieux de culte, à l’écart des nécropoles. La spécificité du traitement funéraire réservé à un nombre limité d’individus dont les corps reposent dans une attitude codifiée porte à s’interroger sur leur statut : s’agit-il de membres issus de familles dominantes, de guerriers, d’ancêtres, d’individus liés à la sphère politique ou religieuse ?

L’un des nouveaux Gaulois révélé © Christophe Fouquin, Inrap

Pour en apprendre davantage sur ces fouilles, l’INRAP propose un article complet sur son site internet.


Programmation Dijon, Ville d’art et d’histoire disponible prochainement dans notre agenda.

2026 : la saison gauloise !

L’Inrap consacre sa saison scientifique et culturelle 2026 à la période gauloise. Si les Gaulois sont bien présents dans l’imaginaire populaire, qui sont-ils vraiment ?
Les Gaulois s’inscrivent dans la période de l’âge du Fer. Ce sont des Celtes, terme issu du grec Kelltikè (Celtique) qui désigne un espace allant du détroit de Gibraltar au centre de l’Europe. Si les Celtes sont attestés depuis l’âge du Bronze, la période gauloise commence au VIIe siècle av. J.-C., avec le premier âge du Fer (le Hallstatt, du nom du site éponyme en Autriche). Le second âge du Fer (la Tène, du nom du site éponyme en Suisse) se développe entre 450 et la fin du Iᵉʳ siècle av. J.-C. Considéré comme l’apogée de la culture celtique, il se traduit par un essor démographique et une prospérité économique qui attise la convoitise de Rome : c’est César, en campagne, qui invente une Gaule (Gallia) circonscrite entre les Pyrénées, les Alpes et le Rhin qu’il conquiert entre 58 et 50 av. J.-C.

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