Pourquoi Dijon s'appelle Dijon ?

Il est admis que le nom latin et antique de Dijon était Divio. Les explications quant à l'origine de ce nom demeurent néanmoins multiples.

 

 

Une approche linguistique

Les diverses encyclopédies du 17e au 19e siècles cherchent les origines de Dijon/Divio dans trois directions essentielles :

  • il s'agirait d'un camp retranché de César,
  • on imagine que cela provient du nom d'un temple fondé par l'empereur Aurélien (270-275) à ses Dieux (Divis, par déformation Divio) ;
  • la présence de nombreuses sources sur le territoire aurait offert à la ville un nom gaulois : divion, la syllabe div- signifiant "fontaine".

L'un des traits caractéristiques de Dijon réside néanmoins dans l'absence d'un fleuve qui la traverse, contrairement à d'autres grandes villes. Seules deux rivières, l'Ouche et le Suzon, baignent la cité. 

 

Une destinée commerciale

Dijon/Divio n'est mentionnée dans aucun texte antique. C'est Grégoire de Tours, évêque de Tours ayant rédigé l'Histoire des Francs, qui évoque pour la première fois Divio au VIe siècle. Il décrit la ville comme installée dans une "fertile campagne", au croisement de deux rivières (Suzon et Ouche), ceinte de hauts murs de fortification, tandis que la Côte vers le Sud est déjà "couverte de vignoble".

D'autres auteurs plus récents suggèrent que le nom Divio ou Divione signifie "marché sacré". Il est supposé que Divio soit déjà une forme tardive. En effet, les noms contemporains de nombreuses localités d'origine antique finissant par "on" viennent de "-magus", signifiant "champ", "marché". Il est donc possible d'imaginer le nom gallo-romain de Dijon comme étant Diviomagus, affirmant par là-même une destinée commerciale ne tenant pas du hasard.

 

Une ville de passage

L'analyse du positionnement géographique de Dijon fait d'elle une ville de passage et ce depuis des temps lointains :

  • dès lors que des échanges commerciaux entre communautés humaines eurent lieu, on peut imaginer qu'un lieu d'échange ait exister, au moins à proximité de la ville actuelle. Au temps de Vix ou de Bibracte ( 6e-1er siècle avant J.C.), un habitat celtique occupait certainement les hauteurs, à l'image de l'oppidum du Mont Afrique.
  • Dijon est positonnée de manière avantageuse sur les grandes routes commerciales : route qui mène du Nord de la France vers l'Italie, en passant par le Jura ; puis vers les Alpes par les vallées de la Saône et du Rhône. La route de l'Etain venant de Grande-Bretagne passe donc par Dijon ;
  • un lien avec l'Ouest et Autun notamment, vers l'Est en direction de l'Alsace et de la Germanie.

A la fin du 3e siècle, Dijon est fortifiée en raison des invasions barbares : la cité devient un castrum. Elle assure ainsi la protection de son marché et de son statut de carrefour commercial.

Jusqu'au coeur de l'époque moderne, les textes rédigés en latin, en particulier les écrits émanant des institutions religieuses, utilisent l'appellation divionensis (de Dijon), traduisant la persistance du nom antique de Dijon. Les évolutions linguistiques au cours de cette même période donnent progressivement à la cité son nom actuel, notamment par la transformation du "i" en "j".

 

Plan de l'ancienne et nouvelle ville de Dijon gravé par Pierre Lepautre - BM Dijon